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crédits photo : crédits photo : Daniel Roussel
Volume attendu, vue de l'installation
Volume attendu
Impression numérique sur vinyle, peinture, tuyau en PVC, ruban adhésif, 2018, installée dans la verrière du CÉGEP de Saint-Hyacinthe


L’installation immersive dans la Verrière du Cégep nous plonge radicalement dans l’étable du 21e siècle avec son équipement dernier cri : un robot de traite. L’artiste Michel Boulanger en a retenu que les éléments structuraux, son squelette pour ainsi dire, ce qui fait ressortir les dimensions mécaniques et fonctionnelles de la machinerie. Malgré l’échelle et le réalisme du dessin, son traitement en noir et blanc lui donne un caractère abstrait, voire fictif.

Le robot de traite est d’abord une solution technologique qui allège le besoin de main-d’œuvre. L’équipement favorise aussi le bien-être animal puisqu’il s’associe la plupart du temps à un système d’élevage qui laisse les vaches laitières libres plutôt qu’attachées. Il s’agit également d’une technologie qui facilite l’analyse du lait. L’ordinateur indique, par quartier de pis, la qualité du lait avec ses matières grasses, ses protéines, etc. Avec les données, les productrices et les producteurs de lait connaissent les meilleures périodes de production, prévoient la quantité, détectent les moins bonnes lactations et peuvent même anticiper le moment où la vache doit être inséminée. Le recours de plus en plus répandu des robots de traite transforme les étables d’hier, modifiant de ce fait le patrimoine bâti. 

 


Cette transition n’est pas sans intérêt pour l’artiste qui examine depuis plusieurs années dans son travail les mutations du monde agricole. Dans ses œuvres, il aborde le sujet en conjuguant les outils traditionnels et actuels du dessin, mettant lui-même en pratique le passage d’une technologie à l’autre. Un puissant logiciel de modélisation 3D est derrière l’image vectorielle qui a été adaptée sur mesure aux grandes dimensions de la Verrière. L’œuvre offre une combinaison particulière entre l’immatérialité du numérique et l’aspect concret du lieu : lignes de perspective et effets de trompe-l’œil suggèrent efficacement la confusion des espaces entre le réel, la Verrière, et celui créé, l’étable. L’expérience proposée place les personnes dans une situation où l’inconnu rejoint le familier, la haute technologie, le plancher des vaches.

Les jumelles Marie-Ève et Isabelle Charron, texte d’accompagnement tiré de l’opuscule de l’évènement  Oranger 2018, Conjuguer la traçabilité.